Ton absence est trop longue

La mort viendra et elle aura tes yeux.

Tes yeux d'amande douce.

Tes lèvres de lauriers roses.

Comme toujours, tu seras de l'autre côté des choses, avec le vent dans les cheveux,

le soleil entortillè dans tes cils.

Je l'attendrai la tête haute.

Je lui dirai bonjour

et je m'enflammerai d'un seul coup....

Sagesse poétique de l'Orient

René Barbier

Tu es parti serein,

Hier au soir, endormi,

Et plus aucun demain

N'a eclairé ma vie.

Ce départ, sans retour,

M'a laissé ton amour

Comme un petit caillou :

Ne pas perdre pour te suivre...

...

Comme cette nuit est longue,

Dans le froid et l'ennui.

Comme cette nuit est vide,

Le silence et l'oubli...

Je ressens maintenant,

- Indicible sentiment -

Que je reste à t'attendre

Depuis bien trop longtemps

Bientôt le jour va poindre,

Blanc, zêbré de soleil

Je viendrai te rejoindre

Au fin fond du sommeil

Encore quelques détours...

Ne bouge pas, mon amour.

Que tu sois n'importe où,

Je m'endors et j'arrive...

Comment te consoler ?

Nous n'étions pas là-bas, dans ce long couloir blanc,

Nos pas près de ton pas ou assis sur le banc,

La tête entre les mains... Nous n'étions pas là-bas,

Mais nous n'étions pas loin, t'assurant de nos bras.

Nous l'avons ressentie, la douleur de l'absence

Cet instant froid et gris, quand la vie perd son sens

Et que le feu s'éteint, nous laissant dans le noir,

Etouffés de chagrin, épuisés, nus d'espoir...

Nous n'étions pas là-bas, mais nous ne sommes pas loin...

T'assurant de nos bras pour réchauffer demain.

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