Isabelle pleure

Isabelle pleure : il n'appelle pas !

Elle tourne en rond, se ronge les doigts...

Et tout autour du téléphone,

Fait les cents pas : Pourvu qu'il sonne...

Elle est partie, tôt ce matin

Quittant le lit, prendre son train.

Il l'a suivie et rassurée :

Ne t'inquiète pas, je t'appellerai.

Depuis... l'attente... Chaque seconde

Cette promesse ronge son sang.

Elle voyage, elle parcourt le monde,

Mais ne vit pas, n'est pas dedans !

Il n'appelle pas, elle se morfond,

Croyait leur amour si profond.

Alors elle pense, fait ce constat :

A l'évidence, il ne m'aime pas !

Est-ce que ça fait mal ?

Le décor est presque banal :

Nuit d'été, chaude et musicale.

Ciel de bleu sombre, piqué d'etoiles...

Au dehors chantent des cigales.

Sur le chevet, un peu bancal,

Une pivoine pleure ses pétales.

Le chat fripon aux yeux d'opale,

Guette le poisson dans le bocal...

Près du lit froissé de percale

un sac à main, la soie d'un châle,

Perles et colliers et deux sandales

Otées juste au retour du bal.

Par la fenêtre masquée d'un voile,

Pour les bateaux, luit un fanal.

A l'infini... La mer, étale...

Dans la serrure, bruit de métal !

Tu es parti. Autres dédales...

Je vais t'attendre, ca m'est égal :

Ma foi demeure, fondamentale.

... Et alors ?... Non, Je n'ai pas mal !

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